LES SECRETS DES TEMPLIERS

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Vérités et mensonges sur l’Ordre du Temple, ses mystères, ses secrets, les Templiers et le Saint Suaire, les Templiers et le Baphomet, les Templiers et Jean-Baptiste…

 

image illustrative de l’article Ordre du Temple 

 

Il a beaucoup été dit et écrit sur les Templiers et sur l’Ordre du Temple. Cet ordre religieux et militaire, issu de la chevalerie chrétienne du Moyen Âge, a été créé à l’instigation d’Hugues de Payns pour protéger les pèlerins sur le chemin de la Terre Sainte, disputée aux Turcs (aux Turcs et non pas aux Musulmans notons-le, et encore moins aux Arabes puisque l’accès aux Lieux Saints était autorisé par les Abbassides, mais fut interdit par les Turcs par la suite quand ces derniers prirent Jérusalem aux Arabes, ce qui déclencha des décennies de conflit).

 

 

Après la perte définitive de la Terre Sainte, les Templiers furent victimes de la lutte entre la papauté et le roi de France, Philippe IV le Bel, qui jalousait leurs richesses : peu à peu, l’Ordre avait en effet acquis de nombreux domaines, plus importants même que ceux du roi de France, et les Templiers jouaient le rôle de banquier : de quoi très vite susciter crainte et jalousie.

 

 

Ci-dessus, représentation de Templiers et le gisant d’un de ces chevaliers

 

En 1307, tous les Templiers vivant en France ont alors été arrêtés, accusés des pires maux, jugés pour hérésie… On a tous en tête l’image de Jacques de Molay brûlant sur le bûcher, et les nombreuses légendes dont l’Ordre, depuis, a été nimbé : a-t-il découvert des trésors fabuleux sous le Temple de Jérusalem ? Peut-être même des reliques exceptionnelles ou des secrets mettant en danger toute la chrétienté ? Les Templiers s’adonnaient-ils à des cultes mystérieux comme on l’a prétendu lors de leur procès, des croyances héritées de la plus haute antiquité, et peut-être transmises par d’autres sociétés secrètes à travers les siècles ?

 

 

Ci-dessus, des représentations de la détention, du procès et de l’exécution de Jacques de Molay

 

 

Les Templiers auraient découvert et détenu un grand trésor ?

On imagine des trésors en espèces sonnantes et trébuchantes, mais aussi des trésors spirituels, religieux… L’on a pensé que les Templiers ont pu découvrir le Trésor du Temple de Jérusalem, le Graal, un secret fabuleux… Les historiens font remarquer cependant que le Trésor du Temple avait déjà été emporté par les Romains pour être porté en triomphe à Rome, puis fondu sans vergogne lorsqu’ils en ont eu besoin. Quant aux trésors religieux, certains d’entre eux ont en effet été détenus par les Templiers, qui avaient la charge de convoyer des reliques, ces authentiques trésors en effet. Ils étaient conservés comme tels, dans des reliquaires somptueux, et faisaient la renommée des cathédrales des grandes puissances européennes pour leur valeur spirituelle et religieuse, objets de vénération mais aussi de commerce et d’échanges diplomatiques de la plus haute importance. Compte tenu de cette réalité, nul besoin d’imaginer des reliques que personne n’aurait vu, que personne n’aurait retrouvé depuis, et dont personne n’aurait rien fait depuis mille ans : au contraire de ces trésors hypothétiques, certaines des reliques les plus importantes (bois de la Vraie Croix, mais surtout Saint Suaire…) se révèlent avoir été authentiquement détenues par les Templiers comme on le verra ci-dessous, et finalement conservées par l’Église après eux, sans nul secret car à la connaissance des autorités, puis des historiens et des spécialistes de ces questions.

Des témoignages de l’époque auraient cependant vu des Templiers fuir les arrestations « avec cinquante chevaux », et « prendre la mer avec dix-huit galères ».  Chargés de richesses ? C’est possible. Car, de l’avis des historiens, les Templiers possédaient une fortune en effet : ils la tiraient de leurs biens fonciers, toujours plus importants du fait des redevances qu’ils percevaient (droits d’octroi, de péage, de douane…). Alors que leur existence avait perdu une grande partie de sa justification dès lors que la Terre Sainte a été perdue, une force armée oisive, possédant de nombreuses richesses et de solides forteresses, était donc une source d’inquiétude et de jalousie, en particulier pour le roi de France Philippe IV le Bel, au point de rapidement précipiter la dissolution de l’Ordre.

Les Templiers vénéraient une idole sous la forme d’une tête barbue ? Pourrait-il s’agir du visage apparaissant sur le Saint Suaire ?

Nous connaissons tous le Saint Suaire, appelé aussi Suaire de Turin, ce linceul imprégné de l’image du Christ gisant, avec ses blessures à la tête, au côté, aux mains et aux pieds.

 

 

Ci-dessus, le Suaire de Turin et son image en négatif.

 

Aucune étude scientifique, et il y en a eu beaucoup, n’est parvenue à expliquer cette image de façon convaincante : on sait juste qu’il ne peut s’agir d’une peinture, qu’il n’est pas couvert de pigments, mais qu’en revanche le tissu provient du Proche-Orient, et qu’on y a relevé des traces d’ambre et de myrrhe comme on en trouvait à la suite des rites funéraires juifs du Ier siècle bien que les analyses semblent orienter vers le XIIIème siècle. Il s’agirait donc d’une réalisation correspondant au Moyen-Âge, à l’époque de la fin des Templiers, peut-être une fausse relique donc, même si certains soulèvent que des problèmes de datation peuvent être intervenus (peut-être liés au morceau où le tissu  a été prélevé)…

Avant d’aller plus loin, rappelons que le Suaire de Turin est souvent confondu avec d’autres reliques connues depuis les débuts de la chrétienté et notamment avec une image miraculeuse de Jésus peinte sur un tissu (le Mandylion d’Édesse) que des textes anciens disent parfois été imprégné sur un drap (peut-être à cause d’une confusion avec le Suaire), ou encore avec le tissu avec lequel une certaine sainte Véronique aurait essuyé le visage du Christ, et dont l’image serait restée miraculeusement (peut-être une légende plus tardive inspirée en fait d’une des deux autres car « Véronique » = « vera icona » c’est-à-dire « la vraie image » [du Christ]).

 

 

Ci-dessus, une des représentations du voile de Véronique,

et l’image du visage du Christ sur le Suaire de Turin

 

Ces reliques ont souvent été confondues au fil des siècles, au point qu’on ne sache pas laquelle aurait vraiment existé. La piste templière pourrait nous éclairer. En effet, selon Ian Wilson (auteur anglais qui s’est consacré à ces questions), le « Baphomet » vénéré par les Templiers ne serait autre que le Saint Suaire, qui serait devenu, mais seulement au fil des siècles et des légendes le Mandylion d’Édesse ou le voile de Véronique. Il se serait trouvé dans la basilique Sainte Sophie à Constantinople, et aurait été ramené par les Templiers après le pillage de la ville en avril 1204. Il semble donc que les Templiers se soient retrouvés en possession du Suaire de Turin entre 1204 (sac de Constantinople) et 1311 (chute du duché d’Athènes). Une thèse est qu’ils en auraient alors hérité en gage d’un prêt d’argent fait au duc franc d’Athènes et qui n’aurait pas été remboursé. Il aurait donc été transporté en France, puis en Savoie, puis enfin conservé et régulièrement exposé à Turin, où il se trouve encore aujourd’hui.

 

L’idée que les Templiers aient connu, et peut-être découvert, acheté ou en tout cas détenu cette relique, est une possibilité très intéressante. En effet l’une de leurs attributions était la garde des reliques : l’Ordre du Temple « était parfois amené à les transporter pour son propre compte ou bien convoyait des reliques pour autrui. Les chapelles templières abritaient les reliques des saints auxquelles elles étaient dédiées. Parmi les plus importantes reliques de l'ordre se trouvaient le manteau de saint Bernard, des morceaux de la couronne d’épines, des fragments de la Vraie Croix », ce qui est attesté et qu’on peut retrouver résumé ainsi par exemple sur wikiképia. Pour ce qui est du cas particulier du Suaire, il est d’autant plus crédible que l’on a retrouvé en Angleterre, à Templecombe, sur un site templier, le dessin d’une tête barbue comme celle que les Templiers seraient censés vénérer selon les légendes, ou plutôt selon les accusations les concernant. Celle-ci est peinte sur ce qui semble être le couvercle d’un coffre qui aurait pu contenir le Saint Suaire : on y a relevé au verso les mêmes traces de coton, de lin, d’ambre et de myrrhe que l’on retrouve aussi sur le célèbre Suaire conservé à Turin.

 

 

Ci-dessus, la tête peinte sur le panneau de bois retrouvé à Templecombe, et l’image du Suaire de Turin

 

Le suaire aurait pu être plié de telle façon que l’on n’en voie que le visage, ce qui est aussi défendu sur d’autres sites ou dans plusieurs ouvrages documentés de façon sérieuse, ce qui n’est pas toujours le cas sur ces sujets. L’on pourrait donc en tout cas comprendre cette réputation associée aux Templiers de vénérer ce visage, qu’on trouve parfois sculpté, sur un drap ou non, dans des églises templières.

 

 

Ci-dessus, la chapelle templière de Rosslyn en Écosse,

et une représentation du Baphomet dans l’église de l’Isle-Adam, près de Paris, en France

 

Outre cette tête, ou plutôt ce visage, les rumeurs et les aveux extorqués sous la torture ont donné l’idée que les Templiers adoraient aussi des représentations d’êtres bicéphales, de monstres curieux, du fameux « Baphomet » ainsi qu’il était appelé. En fait d’êtres bicéphales il pourrait s’agir de représentations de Templiers, apparaissant toujours par deux, signe de leur solidarité et de leur fraternité. Quant aux autres représentations réellement fabuleuses ou chimériques, elles proviennent assurément des images alchimiques, à la mode à l’époque et parfois transmises depuis celles qui  ornaient des amulettes dans l’Antiquité déjà, telles que l’Abraxas, et les évoquer veut simplement dire que l’on accusait les membres de l’Ordre de s’adonner à ces superstitions, et donc d’être condamnables.

Quant au nom de « Baphomet » qu’on associe à une de ces représentations chimériques, on a maintenant compris qu’il renvoie au mot « Sophia » grâce au « code Atbash » qui consiste, en hébreu, à remplacer la première lettre de l’alphabet par la dernière et ainsi de suite : selon ce moyen de cryptage, Baphomet s’écrit (de droite à gauche) [taf] [mem] [vav] [pe] [bet], ce qui devient, en appliquant le code : [alef] [yud] [pe] [vav] [shin] (à nouveau de droite à gauche), et donc bien SOPHIA.

Mais est-ce pour autant que les Templiers, qui étaient des moines, qui assistaient à des messes et priaient comme eux plusieurs fois par jour, qui respectaient les jeûnes et tous les rites chrétiens, s’adonnaient en parallèle à des cultes mystérieux et gnostiques, autrement dit, car c’est de cela qu’il s’agit, faisant intervenir de nombreux dieux qui s’engendraient entre eux et formaient un panthéon complexe et extrêmement exotique ? En fait une autre explication semble beaucoup plus logique : les Templiers, qui transmettaient des messages à de longues distances, se devaient de les coder, et donc d’être rompus à différentes méthodes pour ce faire. Et le mot « Sophia » peut être alors très facilement compris comme renvoyant tout simplement à la célèbre basilique Sainte Sophie, « Hagia Sophia » sous son nom grec, et donc à la ville de Constantinople dont elle est le haut lieu : non seulement celle-ci était devenue le symbole des relations avec l’Empire romain d’Orient, extrêmement important à l’époque des Croisades, mais c’est aussi à Sainte Sophie que se serait trouvé le Saint Suaire comme on l’a vu plus haut, jusqu’en 1204, date à laquelle la ville a été conquise et pillée par les Croisés. Tous les éléments évoqués sur cette page semblent donc être liés et se confirmer mutuellement.

Pour l’Ordre du Temple, protecteur des pèlerins mais aussi gardiens des reliques (telles que, on l’a vu plus haut, le manteau de saint Bernard, des morceaux de la couronne d’épines, des fragments de la Vraie Croix), l’évocation de Sainte Sophie, et la relique portant l’empreinte du visage du Christ qu’ils en ont rapportée, ont donc très possiblement été évoqués par le biais de ce terme codé de « Sophia », autrement dit « Baphomet ». La ville de Constantinople et le Saint Suaire, deux joyaux à plusieurs égards, seraient donc devenus des symboles par excellence, les symboles des conquêtes et des reliques, presque à l’égal de ce que représentaient le Saint Sépulcre et la Vraie Croix pour Jérusalem. La ville de Constantinople et le Saint Suaire seraient en tout cas et sans aucun doute très directement reliés à l’action, aux buts et aux succès de l’Ordre du Temple. Ce faisant, la référence à ces symboles confirment l’authenticité des buts et de la foi chrétienne des Templiers, ce qui était une évidence depuis leur fondation, si l’on se rappelle les vœux exigeants qu’ils formulaient, la vie monastique qu’ils menaient...

Pouvait-il s’agir de Jean-Baptiste, au point qu’ils aient embrassé la religion mandéenne ?

Thèse très séduisante, d’autant plus que Jean-Baptiste est mort décapité, et qu’il est très possible que les Templiers furent amateurs de reliques au moins autant que tous leurs contemporains qui en étaient déjà très friands. De surcroît ils étaient particulièrement bien placés pour les trouver en Terre Sainte, et donc les acheter, les conserver, les revendre. Il est évident qu’ils ont en bien importé plusieurs en Europe. L’une des reliques les plus importantes est certainement le crâne conservé en la cathédrale d’Amiens, qui est réputé être celui de Jean-Baptiste.

 

 

Ci-dessus, le crâne attribué à Jean-Baptiste conservé dans la cathédrale d’Amiens

et une représentation du saint baptisant Jésus par Lé Pérugin

 

Jean-Baptiste était ce prophète contemporain de Jésus et qui l’aurait annoncé, et baptisé, selon les textes chrétiens. Il est vénéré également par les Mandéens, qui ne reconnaissent cependant pas Jésus comme le Messie annoncé. Cependant les croyances de cette secte sont en fait extrêmement empreintes de gnosticisme, et il est difficile, en y regardant bien, que les Templiers y aient adhéré : les Mandéens croient en des êtres spirituels multiples, s’engendrant entre eux d’une façon complexe selon les croyances gnostiques, ce qui n’apparaît pas du tout dans les habitudes, dans les textes ou à travers les représentations fréquentes dans l’Ordre du Temple ; les Mandéens suivent des rituels très précis centrés sur l’eau et qui n’apparaissent pas non plus chez les Templiers ; lors de ceux-ci ils ont la particularité de sacrifier notamment des colombes comme les anciens Judéens, ce qui n’apparaît jamais non plus chez les Templiers… Bref rien ne les relie aux Mandéens, si ce n’est qu’ils pouvaient effectivement vénérer Jean-Baptiste… mais pas davantage que tout le reste de la chrétienté pour qui Jean-Baptiste a non seulement annoncé le Christ, mais pour qui il est même le cousin de Jésus. Le monde chrétien le tient donc depuis toujours en haute estime, et l’on trouve logiquement de nombreuses églises saint Jean-Baptiste, ou des baptistères presque toujours octogonaux, plan qu’on trouve dans d’autres édifices chrétiens, comme notamment à Capharnaüm : rien ici qui soit caractéristique du seul Ordre du Temple.

De surcroît le fait que les Templiers aient adhéré aux croyances mandéennes contredirait l’autre hypothèse, vue plus haut, relative au Saint Suaire, qui semble pourtant beaucoup plus crédible : en effet de nombreux témoignages d’époque relatent le trajet du Saint Suaire, sa possible confusion avec le voile de Véronique, son passage par la ville de Constantinople dont on a parlé plus haut, leur lien possible avec le panneau de bois de Templecombe, des analyses scientifiques semblant même les relier entre eux… Or le Saint Suaire est associé à Jésus depuis son origine, comme le Mandylion, comme le voile de Véronique, et jamais aucun n’a concerné Jean-Baptiste. Finalement absolument rien n’accrédite un quelconque lien entre les croyances des Mandéens et celles des Templiers.

L’adhésion à une autre religion, peut-être secrètement à l’islam, expliquerait les rumeurs selon lesquelles ils crachaient sur la croix…

Au contraire des liens possibles avec diverses reliques et avec le Saint Suaire, cette idée paraît à vrai dire assez peu crédible. En effet le « Parchemin de Chinon » révèle que le pape avait absous les Templiers : selon les autorités religieuses, après des interrogatoires nombreux et une enquête approfondie, les Templiers n’avaient rien fait qui puisse être taxé d’hérétique. Il leur a même été permis de recevoir les derniers sacrements, ce qui ne pouvait être le cas d’hérétiques crachant sur la croix. On peut aussi se demander comment ceux qui examinent chaque détail d’églises templières à la recherche de symboles cachés, puissent en même temps affirmer qu’ils refusaient tellement Jésus et la Croix, alors que ces mêmes églises en sont ornées abondamment. Même certains sites souterrains, où les Templiers auraient célébré des cérémonies secrètes, sont couverts de croix gravées et de figures de saints et de saintes on ne peut plus classiques.

De fait, les Templiers prêtaient serment d’obéissance, de chasteté et de pauvreté, et ils assistaient à des messes et priaient plusieurs fois par jour, comme tout bon ordre monastiques : ils étaient de vrais moines comme d’autres l’étaient en appartenant à d’autres ordres proches dans l’esprit, les ordres hospitaliers notamment. Enfin les Templiers arboraient eux-mêmes une grande croix rouge qui était leur emblème et qui ne faisait nul mystère de leur vraie foi : allaient-ils maudire et cracher sur le crucifix et porter une telle croix ? En revanche une autre thèse est avancée par des spécialistes et historiens moins contestés et qui, comme par hasard, entraîne beaucoup moins de contradictions : les futurs Templiers recevaient peut-être un entraînement, un test à leur résistance à la torture. Cela est d’autant plus plausible que cela se fait encore de nos jours pour les soldats engagés en particulier dans des forces spéciales, afin de se préparer à ce qu’ils subiraient en étant capturés par les ennemis. Parmi ces gestes à supporter, les Templiers auraient été testés sur leur réaction devant l’obligation, par les ennemis qui les détiendraient, de cracher sur la croix, de renier le Christ, de subir mille humiliations.

Le Saint Suaire serait-elle en fait l’empreinte du corps de Jacques de Molay ?

C’est la thèse défendue par les auteurs Christopher Knight et Robert Lomas, qui y voient le signe d’une vénération de Jacques de Molay de la part des Templiers puis des Francs-Maçons, au point d’en faire une sorte de second Messie. Thèse assez étrange en fait, et assurément l’une des plus fragiles que l’on ait évoquées sur cette page. Elle nécessite en effet que l’on ait crucifié Jacques de Molay ce qui n’apparaît nulle part, qu’on l’ait aussi allongé et enveloppé dans un linceul, on ne sait dans quel but… Elle nécessite aussi que ce drap ait été fabriqué en Proche-Orient, et ait porté des traces d’ambre et de myrrhe comme on en trouvait à la suite des rites funéraires juifs du Ier siècle, que l’empreinte du corps se soit imprégnée sur le tissu de façon assez mystérieuse (une explication chimique est avancée mais les nombreux scientifiques qui se sont penchés sur le problème du suaire de Turin n’en ont trouvé aucune qui fasse consensus), et tout cela pour imiter l’authentique Saint Suaire (car n’oublions pas que sa légende existait avant l’exécution de Jacques de Molay, de même que celle du voile de Véronique avec lequel il a pu être confondu) et ainsi faire passer Jacques de Molay pour un nouveau Christ (alors que, selon les tenants de cette thèse, ceux qui l’ont torturé prenaient les Templiers pour des ennemis de Jésus, et étaient les derniers à vouloir en faire un martyr, et encore moins un Messie équivalent à Jésus)… Après cela Jacques de Molay se serait réveillé pour qu’on l’exécute, comme c’est avéré et devant de nombreux témoins, c’est-à-dire brûlé sur un bûcher… Et enfin l’authentique suaire aurait disparu, et c’est l’objet de vénération fabriqué pour humilier une secte qui refusait Jésus, qui aurait été pris pour l’authentique Saint Suaire par ceux-là mêmes qui l’auraient fabriqué (!), puis par tous les Chrétiens du monde, papes compris (!).

 

 

 

 

 

Ci-dessus, le Suaire de Turin, montrant un authentique crucifié selon tous les chercheurs,

à comparer avec le voile de Véronique ou le Mandylion tels qu’on les représente

 

Tout cela semble difficile à soutenir. Ça l’est encore plus si l’on considère les seuls éléments matériels qui pourraient attester de cela : le Suaire de Turin lui-même, que tout relie à Jésus depuis les siècles qui précédaient, et les textes et les gravures qui font mention du suaire, ou du voile de Véronique, ou du Mandylion d’Édesse… Un autre élément est capital : la tête peinte sur le panneau en bois de Templecombe et dont on a déjà parlé. En effet les analyses au carbone 14 prouvent que cet objet a été fabriqué aux alentours de l’an 1280, soit au moment où le Suaire de Turin, authentique ou non, a circulé… mais surtout trente ans avant l’exécution du dernier Maître de l’Ordre du Temple et donc trente ans avant la réalisation, selon les tenants de cette thèse, du linge curieux qu’on appellera le Suaire de Turin, et pour lequel le coffre aurait pourtant été fabriqué.

On voit donc ici de nombreux éléments qui rendent très fragile l’hypothèse défendue par Christopher Knight et Robert Lomas et, c’est embêtant, jette un trouble sur les connaissances fabuleuses qui seraient perpétuées dans des sociétés plus ou moins secrètes dont les tenants de cette thèse se réclament et qui les relieraient aux Templiers. De surcroît on peut remarquer que les Templiers étaient de vrais moines, faisant vœu d’obéissance, de chasteté et de pauvreté : certaines sectes qui s’en réclament ne font aucun de ces vœux ce qui est curieux, et revendiquent parfois même une libre pensée, des positions importantes dans la société ou des relations avec le monde gouvernant etc, bref presque l’inverse de ces trois vœux. Les connaissances que revendiquent les sociétés secrètes et, notamment, la Franc-Maçonnerie, ont en réalité beaucoup moins à voir avec ces prétendus secrets matériels et ces thèses fragiles, et bien davantage avec tout ce qui touche aux symboles et à l’ordre présent dans l’Univers, idées beaucoup plus profondes dont on parlera bientôt : voir liens et textes qui seront donnés plus bas.

Pourquoi alors le roi de France les a-t-il arrêtés ? Ne serait-ce pas pour les faire taire, mettre la main sur leurs terribles secrets ?

L’on a déjà dit plus haut que l’existence de l’Ordre avait perdu une grande partie de sa justification dès lors que la Terre Sainte a été perdue. Il était donc une force armée oisive, possédant de nombreuses richesses et de solides forteresses, et donc une source d’inquiétude et de jalousie, en particulier pour le roi de France Philippe IV le Bel, qui, le notent les historiens, avait de plus un cruel besoin d’argent. Un prétexte qui cacherait une autre raison plus obscure et secrète ? Cette idée s’éloigne cependant quand on considère le fait que Philippe le Bel ne s’est pas seulement attaqué aux biens des Templiers. Mais aussi à ceux des Juifs : en 1306, donc plusieurs années après s’en être pris aux Templiers, il les expulsait du royaume et confisquait leurs biens. En 1309 ce sera au tour des banquiers lombards. Les Templiers, riches de leurs trésors et surtout de leurs propriétés foncières, étaient juste avant sur la liste et il leur arriva donc exactement la même chose, en 1307.

Explication un peu courte ? Elle semble cependant le plus crédible : si les Templiers détenaient de terribles secrets menaçant la chrétienté, est-ce que le pape les aurait absous comme cela est avéré par le parchemin de Chinon ? Est-ce surtout que les Templiers auraient pu continuer à prospérer sous des noms à peine différents dans tout le reste de l’Europe ? Est-ce qu’ils auraient pu se réfugier en Écosse, certes plus lointaine, mais aussi en Angleterre, et au Portugal, pays qui n’était pas moins catholique que la France, on en conviendra aisément.

Comment expliquer leur goût pour l’architecture et pour les symboles ? Ainsi les croix, pentagones, octogones, ciels étoilés…

Moines, soldats, mais aussi architectes, les Templiers ont bâti de nombreux édifices en Europe, sur le chemin des croisades et en Terre Sainte, afin de pouvoir s’y établir et défendre leurs positions. En contact avec l’Orient, parfois de façon même cordiale avec leurs ennemis musulmans, le sens de l’honneur et les valeurs de la chevalerie étant alors partagés, ils lisaient les textes saints, ils échangeaient sur le plan religieux, ils s’imprégnaient de la science des symboles. Et en effet beaucoup de ceux-ci ornent les édifices religieux d’Europe et du Proche-Orient, édifices templiers ou non. Certains des symboles qu’ils mettaient à l’honneur sont même extrêmement universels, comme on le verra ci-dessous : la croix elle-même, et sinon le pentagone, les références aux étoiles, aux constellations, au zodiaque… tous ceux-ci sont étudiés et expliqués dans l’ouvrage « l’évangile selon le monde » librement téléchargeable en cliquant ici. Une autre représentation, reproduite ci-dessous, ressemble aussi énormément au carré SATOR une fois qu’il ait été décrypté, comme il l’est pour la première fois dans ce même ouvrage déjà cité, « l’évangile selon le monde », et librement téléchargeable en cliquant ici.

 

 

Ci-dessus, un symbole templier, à comparer au carré SATOR et à sa recomposition selon le système codé expliqué dans « l’évangile selon le monde » : le dessin est en effet très semblable (on retrouve le A et le O, on peut remplacer l’étoile par un E, et un autre cercle semblable au Theta grec par le T)… Les Templiers en avaient-ils connaissance ?

 

Ces images et ces connaissances sont certainement les plus importantes et les plus profondes : peut-être les vrais savoirs des Templiers, qui leur permettront de naviguer sous les étoiles, peut-être jusqu’en Amérique par le biais de leurs successeurs d’après certains, mais aussi de relier tout ce monde symbolique avec des réalités géographiques, et avec notre monde d’une façon générale. Il est ici question des croyances concernant les forces qui le gouvernent et qui sont de la volonté de Dieu selon les croyants qu’étaient les Templiers, ou des lois de l’univers pour les autres : voir notamment l’ouvrage librement téléchargeable ci-dessous.

 

 

Ou alors les Templiers auraient-ils eu des renseignements sur la famille authentique de Jésus, sur son père véritable qui semble bien être en réalité Joseph d’Arimathie, sur la vraie place de saint Jean etc ? Beaucoup de ces vérités semblent en effet avoir été connues originellement, mais cachées lorsque les Chrétiens devaient vivre dans la clandestinité, puis enfin largement perdues avec le temps. Et, en effet, nul besoin d’imaginer des trésors et des théories incertaines, alors qu’il y a déjà tant à savoir et qui est méconnu sur le cercle de Jésus, les tout premiers Chrétiens et les mystiques qui les ont suivis : voir notamment l’ouvrage librement téléchargeable ci-dessous.

 

 

 

 

En parcourant l’histoire des Templiers, nous rencontrons bien des symboles plus ou moins connus se rapportant à l’histoire de Jésus, ou à diverses croyances et religions plus anciennes, et qui ont beaucoup à voir avec les grandes lois universelles et qui proviennent de Dieu selon les croyants. Il y a beaucoup de ces symboles, de ce signes, de ces croyances qui sont reliées aux mythes anciens, les héros de l’Antiquité inscrits dans les étoiles et dans les constellations et qui préfiguraient la venue du Christ, et aux civilisations qui annonçaient cet avènement ; de même en ce qui concerne le sens et les moments des messages prophétiques ou des apparitions de la Vierge Marie, là encore inscrites dans ce qui semble être un plan bien défini ; des mystères chrétiens tels que le symbole de la croix et la nécessité que Jésus ait été crucifié ; le message de Jésus et la phrase « Dieu est Amour »… Autant de faits qui sont liés, et l’on peut en saisir la raison. Autant de faits qui permettent de mieux comprendre le message des textes chrétiens, de la Bible, des Évangiles, et comment le christianisme a éclos, dans une sphère où se mêlaient influences esséniennes, païennes, ou beaucoup plus anciennes et plus universelles encore, et qu’on soupçonne rarement. Ces éléments permettent d’établir des liens étonnants et insoupçonnés entre les lieux des différentes apparitions mariales,  l’orientation du monastère de Qumran, ce qui n’avait pas été vu jusque-là, la géométrie de la Grande Pyramide avec des considérations inédites, et de nombreux autres symboles tels que le célèbre « carré SATOR », célèbre mais qui n’avait pas été compris auparavant :

=

 

Ces considérations renvoient à des croyances très anciennes touchant aux symboles et aux mythes, et notamment celles permettant de brosser une brève reconstruction de l’éclosion du christianisme, avec les influences qui l’ont accompagnée, et même d’apporter un éclairage nouveau sur le Jésus historique : le passage de l’œuvre de Flavius Josèphe le concernant, son nom, sa famille, son entourage… ainsi que, inversement, sur  la thèse d’un Jésus mythique et le rôle de saint Paul, ou sur le tombeau attribué à Jésus à Talpiot.

 

 

À la lecture de ces lignes, difficile de ne pas y voir quel message universel se dégage, si important de nos jours. Il semble puiser dans des signes visibles par tous de par le monde, des mythes et symboles qu’on retrouve dans plusieurs religions et qui les relient entre elles et avec le christianisme. Et difficile de ne pas voir les liens évidents et très nombreux entre tous les courants du christianisme entre eux et avec d’autres religions telles que le bouddhisme et l’islam : ce n’est plus à démontrer pour tous ceux qui sont curieux et ouverts, mais cela apparaît d’une façon particulièrement claire quand on s’intéresse aux mythes et symboles les plus anciens et qui se révèlent dans la religion chrétienne, ainsi qu’on le voit dans « L’Évangile selon le monde », déjà cité et librement téléchargeable ici.

 

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On peut même constater que : « Les liens entre les messages de Dieu, perçus par les sages, les prophètes et les mystiques du monde entier, sont si nombreux et si évidents qu’il y a des ponts très visibles entre tous les humains : le Père Henri Le Saux, notamment, a été l’un de ces nombreux ponts entre le christianisme et l’hindouisme. On se rend compte de la proximité entre certaines notions à travers notamment ces mots : « C'est dans la mesure même où l'homme pénètre en soi qu'il pénètre en Dieu et dans la mesure tout autant où il pénètre en Dieu qu'il parvient à soi. Pour trouver Dieu en réalité, il lui faut descendre jusqu'en cette profondeur de soi où il n'est plus qu'image de Dieu ; là même où au jaillissement de soi, il ne se trouve plus que Dieu. » (Père Henri le Saux, « Sagesse hindoue, mystique chrétienne »), qui entrent en résonnance également avec ceux de nombreux mystiques chrétiens depuis le Moyen-Âge. Mais c’est loin d’être tout. Ainsi quand on lit « Heureux vivons-nous, sans haine parmi les haineux; au milieu des hommes qui haïssent nous demeurons sans haïr », l’on pourrait aisément y voir une phrase des Évangiles et pourtant il s’agit d’une phrase de l’un des principaux livres du bouddhisme (« Le Dhammapada », 197). Quant à ces mots : « Dites : “Nous croyons en Dieu et en ce qu'on nous a révélé, et en ce qu'on n'a fait descendre vers Abraham et Ismaël et Isaac et Jacob et les Tribus, et en ce qui a été donné à Moïse et à Jésus, et en ce qui a été donné aux prophètes, venant de leur Seigneur : nous ne faisons aucune distinction entre eux. Et à Lui nous sommes Soumis” », l’on pourrait les croire issus de la Bible, et ils sont extraits du Coran (2,136), l’idée de soumission dans l’Islam étant à rapprocher de la racine sémitique ŠLM, paix, et tout autant donc à celle d’Alliance de l’Ancien et du Nouveau Testament : alliance avec Dieu, entente avec Dieu, fidélité à Dieu, pour vivre en harmonie avec Dieu, Ses créations et tous les hommes, et dans le respect des textes saints des prophètes. Toute la révélation et l’œuvre de Mahomet consiste d’ailleurs à propager le message de la Bible dans le monde arabe, établissant ce qui doit donc être un nouveau pont évident entre les croyances et les régions du monde entier. » (extraits de « L’Évangile selon le monde », livre IV et de « l’Évangile selon l’Olivier », lui aussi téléchargeable librement en cliquant sur ce lien

Logiquement, sans qu’il ne soit besoin de faire intervenir quelque croyance mystérieuse ou hérétique, les relations entre les Musulmans et les Templiers, et plus généralement avec les Chrétiens, sont avérées depuis bien longtemps, et même au temps des Croisades qui, on l’a dit, opposaient les Turcs et les Européens, et non pas les Chrétiens et les Musulmans. Car comme souvent ce sont bien les conflits politiques, économiques, territoriaux, ce sont eux et eux seuls qui sont à la source de toutes les oppositions, de toutes les divisions, de toutes les haines savamment entretenues par ceux qui veulent enflammer les foules pour motiver les combattants.

 

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Islam et christianisme au XIème siècle, carte issue de wikipédia

et saint François d’Assise rencontrant le sultan al-Kamil

 

Les proximités étaient pourtant encore très fortes, et même à ces moments plus troublés les Templiers, puis les Franciscains, échangeaient avec les Musulmans, lisaient leurs textes ; de même inversement en Sicile, à Malte, et bien sûr en Espagne lors du temps de l’Andalousie, grande période de tolérance et d’échanges entre toutes les religions du Livre.

On retrouve les mêmes sources, les mêmes messages essentiels disions-nous ; on retrouve également les mêmes moments importants dans l’histoire et les mêmes apogées, que ce soit quand on considère l’ensemble des courants du christianisme en Occident, ou bien les courants de l’islam en Orient. Les échanges, les influences, les liens ont été très forts et très évidents dès les origines, et les ponts ont été très nombreux et très importants, même aux moments les plus tendus, notamment sous l’égide de saint François d’Assise, ainsi qu’on s’en rend compte également dans le livre III de « l’Évangile selon les prophètes et les mystiques » ou dans « l’Évangile selon l’Olivier », lui aussi téléchargeable librement en cliquant sur ce lien. Les liens de proximité avec le monde musulman apparaissent encore plus nettement quand on considère la vie et l’œuvre des prophètes de la Bible et des mystiques qui les ont suivis, parmi lesquels il est difficile de ne pas faire figurer le prophète de l’islam (voir « l’Évangile selon les prophètes et les mystiques » et « l’Évangile selon l’Olivier ») : on retrouve les mêmes sources, on retrouve les mêmes messages principaux, et des ressemblances évidentes : de nombreux critères fondamentaux identiques qui apparaissent par exemple au moyen de ce tableau (au moins 17 sur les 22 listés ci-dessous): on peut le lire plus commodément là aussi dans « l’Évangile selon l’Olivier » , lui aussi téléchargeable librement en cliquant sur ce lien:

 

 

 

Les similitudes sont telles qu’on peine parfois à distinguer les messages issus d’une religion ou d’une autre. Voici un nouvel extrait de « l’Évangile selon l’Olivier », qui les met en parallèle de cette façon souvent très spectaculaire :

 

 

 

 

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Difficile enfin, à la lecture de ces lignes, de ne pas comprendre les points communs mais aussi la pensée, le message, qui se dégage de la vie et de l’œuvre des prophètes et des mystiques qui sont reconnus par tous les courants du christianisme et de l’islam : Abraham et Moïse bien sûr mais aussi, on le sait moins, Ézéchiel, et Jésus. Leurs mots, leur message, des extraits nombreux des prophéties de la Bible et des prières, qui ont même un caractère souvent très œcuménique, peuvent être lus dans cet autre ouvrage déjà cité, librement téléchargeable lui aussi en cliquant sur ce lien, et qui jette de nombreux ponts qui existent depuis les origines mais que l’on ne sait pas toujours voir.

 

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