UN ÉCLAIRAGE NOUVEAU SUR LE TOMBEAU DE TALPIOT, possible « tombeau de Jésus » et de sa famille

 

 

Plusieurs découvertes archéologiques ont défrayé la chronique depuis quelques années :

-        la découverte d’un ossuaire destiné à recevoir les ossements de saint Pierre sur le site de Dominus Flavit à Jérusalem, là où Jésus aurait pleuré après avoir eu des visions de la destruction de la ville et de son temple (ossuaire portant les inscriptions « Simon fils de Jonas », ainsi que l’apôtre était présenté dans les évangiles),

-        la découverte d’un ossuaire qui serait celui de saint Jacques le Juste (portant les inscriptions « Jacques fils de Joseph frère de Jésus),

-        celle de l’ossuaire de Caïphe (le grand prêtre qui condamna Jésus),

-        celle de l’ossuaire de Simon de Cyrène (qui aida Jésus à porter sa croix),

-        et surtout le tombeau sur le site de Talpiot, un quartier de Jérusalem, qui contiendrait les ossements de plusieurs personnages des évangiles, dont peut-être même ceux de Marie et de Jésus lui-même :

 

« Les fouilles mettent au jour une chambre mortuaire percée dans les murs nord et ouest de deux arcosolia et dans les trois murs (sauf du côté de l'entrée) six kokhim contenant 10 ossuaires (parfois en enfilade dans ces kokhim). Des ossements éparpillés au sol et quelques tessons typiques du IXe siècle sont également découverts. La tombe a été probablement pillée dès l'Antiquité, car un épais dépôt argileux s'est infiltré dans la pièce par la porte laissée ouverte et que la plupart des ossuaires sont brisés.

Cinq ossuaires sont ornés de rosettes et de bandes ornementales, et six portent des inscriptions :

·        Yshw' br Yhwsp, vocalisé en Yeshua bar Yehosef (Jésus fils de Joseph). La lecture du nom de Jésus dans ce graffiti est fort débattue.

·        Mryh, vocalisé en Maria (Marie)

·        Ywsh, vocalisé en Yose (diminutif de Joseph)

·        Yhwdh br Yshw’, vocalisé en Yehuda bar Yeshua (Judas fils de Jésus)

·        Mtyh, vocalisé en Matiyahu (Matthieu)

·        Mariamenou Mara (unique des six inscriptions qui n'est pas en écriture araméenne mais en grec), traduite en « de Marie qui est [aussi appelée] Mara ». » (source : wikipedia)

 

L'entrée de ce tombeau, que l’on voit en haut de cette page, a fait couler beaucoup d’encre également : celle-ci « est couronnée d'un fronton orné d'un chevron à motif central circulaire. La symbolique de ce décor, rare pour une tombe simple, a nourri de nombreuses interprétations, comme celle de Simcha Jacobovici dans son documentaire Le Tombeau de Jésus, qui fait dériver le symbole maçonnique (lettre G entre une équerre et un compas entrelacés) du motif ornemental de la façade de Talpiot. En réalité, ce motif est présent sur les côtés de plusieurs ossuaires de cette époque où le chevron pouvait servir de poignée pour ouvrir leurs couvercles et le décor de ces ossuaires a pu être reproduit sur la façade du tombeau, de même qu'il se retrouve sur l'entrée de maisons avec un chevron faîtier surmontant un oculus ou un œil de bœuf ou sur de la monnaie hérodienne. » (source : wikipedia)

 

Monnaie hérodienne figurant le temple de Jérusalem avec un motif similaire, rappelant le lien fort entre les tombes et le sanctuaire des Israélites.

 

Comme ce symbole présent sur le fronton du tombeau de Talpiot se retrouve aussi sur quelques ossuaires attribués à des personnages des évangiles, on se demande s’il n’est pas un symbole des tout premiers chrétiens.

Mais le fait que l’on hésite entre le dessin d’une poignée et le fronton du Temple de Jérusalem est peu convaincant, d’autant plus que le motif funéraire n’est pas un triangle complet, à aucun endroit où il apparaît. S’il est donc peut-être une évocation du Temple, ça ne semble pas certain, et surtout ça ne donne pas sa signification pour ceux qui l’utilisaient en y retirant un côté : les premiers chrétiens, vraiment ? Ceux-là mêmes qui critiquaient déjà tellement le Temple avant même que les Sadducéens n’aient demandé la mort de Jésus ? Ceux-là mêmes dont on s’étonne qu’ils aient été inhumés à Jérusalem plutôt qu’en Galilée ? ça semble fort curieux. Et si ce symbole représente une poignée ou le Temple, pourquoi ne serait-il pas utilisé par de très nombreuses autres familles ? Pourquoi n’orne-t-il le fronton d’aucun autre tombeau, alors qu’on se trouve en Judée, et à proximité de Jérusalem ? Or on ne l’observe pas du tout sur les tombeaux ni sur les ossuaires de personnages pourtant directement liés au Temple (on ne le voit pas sur l’ossuaire de Caïphe par exemple, découvert récemment lui aussi) ! Quelle logique y aurait-il à ce que les rares objets funéraires à porter ce motif soient ceux de Galiléens qui étaient parmi les plus éloignés du Sanhédrin qui a décidé de la mort de Jésus, qui figuraient parmi les plus éloignés du pouvoir du Temple au point d’être considérés parfois comme trop proches des rebelles zélotes, et qui s’apprêtaient même à s’affranchir complètement du Temple en le concevant comme quelque chose de symbolique qu’on fait vivre seulement dans le cœur ?

Qui sont alors les personnes qui utilisent ce symbole, avec ce triangle incomplet ? Pouvaient-ils être les premiers chrétiens ? Tout nous ramène encore et toujours à cette question : que signifie-t-il réellement ? Et en se posant cette question, on est amené à remarquer qu’il est curieusement similaire à un autre motif qu’on retrouve sur… des monuments funéraires également et… dans une civilisation immédiatement voisine de la Galilée:

 

Stèle portant le « signe de Tanit »

 

Il s’agit du « signe de Tanit », déesse mère et lunaire originaire du Maghreb et adoptée par les Phéniciens, dont le nom signifie « la pleureuse » ou « la face » (de Baal). Elle est l’équivalent de Neith en Égypte, de Isis (Iset), d’Astarté (Ishtar, vénérée originellement sous la forme d’une pierre noire), renvoyant aussi à Artémis (déesse lunaire et parfois sombre également, déesse vierge mais associée à la nature et aux accouchements, parfois représentée avec la peau noire, et qui est aussi une déesse de la fertilité à Éphèse, ville où Marie aurait vécu ses derniers jours), voire à Cassiopée (personnage mythologique originaire d’Éthiopie dont le nom renvoie à l’idée de visage également et associée aux apparitions de Marie selon le livre I de « l’évangile selon le monde », et à de plusieurs autres considérations symboliques selon le livre III de « l’évangile selon le monde ») puis logiquement à toutes les vierges noires.

 

Pour les Phéniciens, le symbole a une valeur de protection, mais il représente donc surtout la Lune, à laquelle la déesse est symboliquement reliée, et le Soleil, représenté comme ici par un disque, ou parfois par une rosace (cf ci-dessous).

Images du tombeau de Talpiot en Israël

 

Pourquoi en Palestine un symbole ressemblant tant à un symbole propre aux régions phéniciennes des actuels Liban et Syrie, province romaine au temps de Jésus ? Sans doute exactement pour la même raison qui fait qu’on retrouve des rosaces chez les uns et chez les autres (cf ci-dessous) : à cause de la proximité des deux cultures, et logiquement sans doute plus encore chez les Galiléens et chez les nazaréens, la Galilée étant la région voisine de la Phénicie, traversée par de nombreux marchands, voyageurs, avec leur culture et leurs influences. Les nazaréens aussi étaient signalés en Syrie par Pline l’Ancien, et on y trouvera des chrétiens de la première heure, d’où la présence de saint Paul sur le chemin de Damas, en Syrie ; or la province romaine de Syrie englobait la Phénicie et était traversée par les influences de celle-ci. Le tombeau de Talpiot pourrait d’autant plus s’expliquer s’il était celui de nazaréens car situé à mi-chemin entre Jérusalem et Bethléem, tellement importantes dans leur optique messianique ; mais se distinguant des autres tombeaux par cet ornement rattaché à leur mouvement et/ou à leur région.

Les Juifs ne sculptant pas de représentations figuratives, les artistes ont quelque peu géométrisé cette forme et retiré la représentation humaine, mais celle-ci reste suggérée pour l’entrée du tombeau, comme on le voit en rouge sur l’image ci-dessus, ce qui a une signification qui est loin d’être anecdotique : ce faisant le symbole peut donc fortement compléter ou nuancer la référence au Temple de Jérusalem. Il porte en effet l’idée que l’être humain (et même l’orant, le personnage qui semble prier sur l’image phénicienne), finit par entrer dans un autre lieu que le Temple : il est voué à entrer dans un tombeau. Ce faisant, même à ce moment, il est constamment comme en passant sous le fronton du Temple : il est sous la loi de Dieu Lui-même, symbolisé par ces créations, les luminaires, le Soleil et la Lune, qui sont au-dessus de lui, et qui sont éternels.

 

Si cette interprétation est exacte, elle explique pourquoi ce symbole proche des premiers chrétiens ne se retrouve pas ailleurs que sur des ossuaires et au fronton d’un tombeau : ce n’est pas parce qu’il aurait été caché par quelque groupe occulte (d’ailleurs, le fronton du tombeau était visible par tous, au moins sans doute pendant les années 30 à 70, avant que le temps ne fasse son œuvre, et avant la guerre menée par les Romains, la destruction du Temple, et la diaspora des Juifs et des premiers chrétiens). Finalement il pourrait être inspiré d’un motif funéraire fréquent dans cette région, et ne se retrouve donc logiquement que sur des éléments funéraires, et possiblement gravé par toute famille en lien avec les nazaréens et/ou la Galilée.

http://www.evangile-monde.fr/tombeau-de-talpiot_fichiers/image015.jpg

Stèle funéraire phénicienne,

avec le motif lunaire surmonté du soleil. Celui-ci est représenté par une rosace à 6 pétales, exactement comme sur beaucoup d’ossuaires juifs du Ier siècle.

Afficher l'image d'origine

Un des ossuaires présents dans le tombeau de Talpiot en Israël, mais ces rosaces sont très fréquentes et ornent de nombreux autres ossuaires à cette époque en Judée.

 

Pour ceux qui douteraient de l’utilisation de symboles phéniciens par des Juifs, y compris en Judée, on remarque que l’on y trouve le même ornement funéraire : des rosaces symbolisant le Soleil, dessinées sur de nombreux ossuaires juifs du Ier siècle, nouveau signe de la proximité entre les deux cultures, confirmant les propos précédents et la référence à un motif funéraire et à Dieu et à Ses créations, commun à ces cultures qui se mêlaient dans les provinces romaines de Syrie et de Palestine, et explication bien plus convaincante que la référence au fronton du Temple de Jérusalem, surtout pour une tombe. En effet ces représentations se retrouvent sur de nombreux ossuaires, possiblement chrétiens mais assurément non-chrétiens aussi (comme sur celui de Caïphe ou du fils de Caïphe, qu’on a retrouvé également, et qui porte plusieurs rosaces, ce qu’on a relevé sur beaucoup d’autres ossuaires). Cela permet d’éloigner également l’idée de symbole caché et transmis seulement par les Templiers comme on lit parfois (et chez qui l’on n’a jamais vu ni ce symbole ni celui du fronton !) ou toute autre société occulte qui leur aurait succédé, ce qui est évoqué par les auteurs nord-américains du documentaire sur le tombeau de Talpiot (ce qui, là aussi, ne semble pourtant avéré nulle part).

À travers ces rosaces on retrouve aussi le dessin d’un hexagone, dans le même esprit qui prévaut dans l’étoile de David, mais aussi et surtout lié aussi au nombre 6 et donc à des considérations astronomiques et astrologies dès la création du zodiaque : sujet abordé également dans « l’évangile selon le monde »). On comprend alors pourquoi il est clairement lié au motif présent au fronton du tombeau.

 

Un autre argument a pu expliquer le choix de ce symbole spécifique du chevron et du cercle sur des éléments funéraires des premiers chrétiens. Ceux-ci étaient en effet aussi familiers du grec que de l’araméen, la langue pratiquée au quotidien, notamment par le Christ et ses disciples. Or :

 

Le Yudh (Yod) araméen et le Teth ou le Ayn araméen ont des formes qui ressemblent beaucoup aux deux parties du symbole ornant le tombeau de Talpiot :

 

 

Or le Yudh est l’initale en araméen des prénoms « Jésus », « Jean », « Joseph », « Jacques » et d’autres encore (et également de « Judas » dont un ossuaire à Talpiot porte ce prénom) mais aussi du nom « Yahweh » bien sûr, et enfin de « Yahad » (« ensemble », « unité », « alliance »), appellation identifiée aux esséniens et qui est aussi l’un des termes repris par les chrétiens.

Le cercle peut rappeler cette idée d’unité, d’alliance, ou le zodiaque c’est-à-dire le parcours du soleil (tellement important pour les esséniens et leur calendrier particulier) ou le cercle (« guilgal » en hébreu, qui ferait jeu de mot avec « Galilée », ce qui a été remarqué également dans « l’évangile selon le monde » à d’autres sujets), et renvoyer donc encore, bien que près de Jérusalem, à la région d’origine de ces doctrines et de ce mouvement.

Ce n’est pas tout : en hébreu comme en araméen on a Y (Yod) = 10 et O (Ayn) = 16, qui font 26 en tout, exactement comme YHWH (Yahweh) et de nombreux mots importants dans le christianisme : DBR (le Verbe), mais aussi YYW (le vin) = GPW (la vigne) = YLD (l’enfant) = ŠH (l’agneau) = 26 = 2x13. L’interprétation du symbole de Talpiot semble donc confirmer très nettement ce qui concerne ces mots mais également de nombreux autres termes qui sont pareillement en relation avec ce nombre, comme cela est mis en évidence une fois encore dans « l’évangile selon le monde ».

 

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Une autre façon, enfin, de comprendre ce symbole :

 

Le symbole ornant le tombeau de Talpiot, ce n’est pas incompatible, a pu être retenu car il évoque également un Lambda ( L ) et un Omicron ( o ) dans l’alphabet grec. L’usage du grec n’est pas scandaleux : il était fréquent, on le retrouve pour l’écriture de lettres ou de textes religieux, et encore plus particulièrement dans cette région, à cette époque, et dans la sphère chrétienne. Signe qu’il n’y a rien d’incongru à cette idée : on retrouve même des caractères gravés en grec… sur un ossuaire présent dans ce même tombeau. De surcroît, on peut aussi envisager que le fronton a été sculpté comme un de ces ornements funéraires dont on parlait n’a pas été sculpté sans qu’on ne pense à ces deux lettres grecques, mais qu’il a pu être compris par la suite de cette façon par des visiteurs de culture grecque : on comprendra plus loin quels indices historiques laissent penser que c’est non seulement possible mais même probable.

On pourrait trouver cela tout de même curieux… jusqu’à ce qu’on remarque que, dans un système de numération par rang constamment utilisé au fil de « l’évangile selon le monde », Lambda = 11 et Omicron = 15, et Lambda et Omicron sont symétriques par rapport à Nu = 13, ce qui nous rapproche de nombreuses considérations observées là encore dans le même ouvrage et où cette idée de symétrie (voir livre III de cet ouvrage), cette lettre précisément (liée au Poisson et donc au Christ), et ce nombre (et tous les multiples de 13) apparaissent comme étant primordiaux pour les premiers chrétiens. C’est ainsi que le lambda et l’omicron donnent 11+15=26, exactement tous les termes déjà donnés plus haut : YHWH (Yahweh) et DBR (le Verbe), ainsi que YYW (le vin) = GPW (la vigne) = YLD (l’enfant) = ŠH (l’agneau) = 26 = 2x13, comme on l’a vu là aussi dans « l’évangile selon le monde » parmi de nombreux autres résultats comparables qui les relient à d’autres mots centraux dans le christianisme. À nouveau ce système semble complètement confirmé.

 

On peut remarquer enfin qu’il s’agit là des deux premières lettres du mot « Logos », « le Verbe de Dieu ». Là encore, il ne s’agissait peut-être pas de cela à l’origine mais cela a pu être compris comme cela par toute personne de culture grecque et confrontée à ce symbole. Notons cependant que ce « Verbe » était déjà présent dans l’Ancien Testament, et plus particulièrement dans son livre le plus récent (« la Sagesse de Salomon », du Ier siècle seulement avant JC), ainsi que dans les écrits de Qumran (entre le Ier siècle avant JC et le Ier siècle après JC) et dans la philosophie de Philon d’Alexandrie (contemporain des premiers chrétiens) et donc cette notion du Verbe, de la Sagesse ou de l’Esprit était particulièrement développée à cette époque. Mais ce Verbe était aussi directement lié à la Création du Monde chez les nazaréens d’après les livres mandéens (ce qui pourrait confirmer le lien avec ce groupe), puis de la même façon chez les chrétiens (où il est le point de départ de l’évangile selon saint Jean, et l’une des personnes de la Trinité, qui n’est peut-être pas sans rapport non plus avec le symbole de Talpiot avec ses trois sommets au-dessus d’un cercle parfait).

Cette interprétation du symbole du tombeau de Talpiot et des ossuaires chrétiens découverts récemment serait-elle pourtant incongrue? Beaucoup moins si on considère qu’un autre symbole du christianisme, très connu et totalement incontesté, a été fabriqué exactement de la même façon et au début de l’ère chrétienne lui aussi. C’est le Chrisme, ce signe formé par deux lettres grecques également, X (Khi) et R (, avec une forme semblable à notre P). Et celles-ci aussi ont été choisies car étant les deux premières lettres d’un mot grec, « Christos ».

 

 

Dans les deux cas :

1) non seulement on prend les deux premières lettres du mot,

2) mais on les mêle également pour n’en faire qu’un seul symbole,

3) et ces symboles sont liés numériquement. En effet l’on a L+O=26=2x13 ; or, dans « l’évangile selon le monde » là encore, on a remarqué la fréquence et l’importance de tels résultats multiples de 13, et notamment en ce qui concerne ce célèbre Chrisme, car X+R=39=3x13.

Avec ces deux symboles les choses sont tellement similaires que c’en est même troublant, que ce soit volontaire ou, peut-être encore davantage, si c’est involontaire. Comme on l’a dit plus haut, on peut aussi penser qu’il ne s’agissait pas de cela à l’origine (mais bien d’un ornement funéraire dont on parlait au début de cette page), mais qu’il a pu être compris comme la combinaison de ces deux lettres par des visiteurs de culture grecque (et à l’origine de la création du Chrisme), l’un des motifs étant utilisé pour désigner le Verbe de Dieu et l’autre le Christ, ou l’un figurant sur des ornements funéraires et l’autre sur d’autres types d’édifices. Ou alors les personnes ayant popularisé l’usage du Chrisme ont utilisé ce nouveau symbole en remplacement du symbole précédent, car le Chrisme serait davantage centré sur Jésus plutôt que sur Dieu, et en relation avec le Christ plutôt qu’avec une notion trop gnostique présente dans l’idée du Logos à une époque où les sectes gnostiques, avec leurs nombreuses nuances, leurs influences étrangères et leurs déviances magiques, fleurissaient partout : on comprend alors que certains aient souhaité se démarquer de celles-ci. Les sectes gnostiques ont ensuite été qualifiées d’hérétiques et dispersées par le pouvoir romain devenu chrétien au IVème siècle de notre ère, après que l’empereur Constantin a vu dans le ciel la phrase « par ce signe tu vaincras », que l’on pense être moins une croix qu’un Chrisme justement, puisque l’empereur converti au christianisme en fera son emblème.

 

Vision de Constantin lors de la bataille du Pont Milvius

Monnaie du IVème siècle de notre ère

portant le fameux Chrisme

L’impératrice Hélène effectuant des fouilles à Jérusalem. On pourra accessoirement remarquer le fronton du monument placé derrière elle.

 

Il se trouve que c’est à cette même époque que l’on a déplacé des reliques de premiers saints chrétiens : ainsi celles de saint Thomas (que l’on dit avoir été rapportées d’Inde à Edesse). C’est peut-être le cas aussi de celles de saint Pierre : si un autre ossuaire qu’on lui attribue est bien le sien, retrouvé cette fois-ci au Mont des Oliviers, il apparaît alors que saint Pierre est mort à Jérusalem et que l’on a ensuite déplacé ses reliques à Rome ; ou alors qu’il est bien mort supplicié à Rome comme le prétendent certaines traditions, puis que ses ossements ont été transportés à Jérusalem (qui restait le centre de la foi en particulier pour ces Juifs messianiques), et ensuite de nouveau transportés à Rome. Les derniers déplacements de reliques ont pu avoir lieu lors du règne de Constantin afin que Rome asseye son statut de capitale d’un Empire romain devenu enfin tolérant avec les chrétiens, puis totalement chrétien, tandis que l’impératrice Hélène faisait effectuer des fouilles sur tous les sites chrétiens de Terre Sainte. C’est précisément à ce moment, et à travers la légende attachée à Constantin, que l’on a encouragé l’utilisation du Chrisme dont nous parlions : ce  n’est peut-être pas qu’une coïncidence.

 

À la lecture des lignes précédentes, on observe au passage que non seulement le tombeau a été plusieurs fois visité mais aussi que les déplacements de reliques ont été fréquents par le passé, ajoutés aux classiques regroupements d’ossements et d’ossuaires qui font que des ossements ont pu être pris (plus encore s’il s’agissait d’authentiques reliques), déplacés et remplacés par d’autres (pour des besoins de place ou pour s’approcher d’autres) etc. Ils ne prouvent ni ne contredisent aucune légende et rendent possible tous les ajouts de symboles… et de surcroît toutes les falsifications, qui étaient donc possibles à chaque déplacement de reliques : manipulations maladroites ou au contraire volontaires, du côté chrétien ou au contraire de la part des ennemis des Chrétiens, ou simplement du fait des pillages ou autres gens malhonnêtes comme ces nombreux faussaires avides de vendre des vraies ou fausses reliques et qui ont prospéré depuis l’Antiquité déjà, puis lors de la venue des pèlerins de plus en plus nombreux de puis les premiers siècles. Celles-ci peuvent expliquer bien des étrangetés remarquées dans le tombeau de Talpiot : on sait par exemple que la présence hypothétique, par le passé, de l’ossuaire attribué à Jacques dans le tombeau de Talpiot, comme l’authenticité de la mention « frère de Jésus », sont très discutées (comme par hasard) : sans ces éléments, beaucoup d’affirmations sur le tombeau de Talpiot s’effondrent. On peut remarquer aussi que l’ossuaire du prétendu « Judas fils de Jésus » est l’un des plus curieux (comme par hasard également) : la façon de graver son nom est très différente de ce que l’on trouve sur les ossuaires voisins, et son ossuaire est décoré d’une façon beaucoup plus riche et plus raffinée que les autres ossuaires présents dans ce tombeau (et infiniment plus que celui attribué à Jésus lui-même ce qui est peu compréhensible). Et il y a bien sûr de sérieux doutes concernant l’ossuaire de Jésus lui-même (celui-ci, en revanche, aurait pu être davantage décoré. Il était seulement le fils d’un charpentier objectera-t-on ? Oui, mais qui a recruté même parmi les riches qui, de surcroît, appartenaient à un mouvement où l’on mettait tous ses biens en commun ; d’ailleurs ont dit que Joseph d’Arimathie était un riche notable qui lui a offert son tombeau (pour une autre explication sur Joseph d’Arimathie, voir cette autre page de notre site) ; de plus son prétendu jeune fils possède un ossuaire infiniment plus luxueux, ce qui dénote sérieusement et ne s’explique absolument pas ; enfin l’ossuaire de Jésus, même sans être incroyablement décoré, aurait pu au moins porter le fameux symbole du fronton de Talpiot comme quelques autres ossuaires chrétiens. Or ce  n’est pas le cas, ce qui est tout aussi curieux).

Dans le tombeau de Talpiot se trouvent donc bien des étrangetés. Difficile, en conséquence, de ne pas imaginer qu’il s’y trouve certains ossuaires en provenance d’autres tombeaux (il était fréquent d’en rassembler de cette manière au fil des décennies, sans même parler des éventuelles manipulations malintentionnées dont on parlait plus haut), ou au moins ceux appartenant à plusieurs familles qui auraient été déplacés là (avec donc un autre Jésus, ou un autre Judas…), y compris très anciennement (ce qui rendrait inutile toute discussion sur l’analyse d’éventuelles traces ou patines). Cela expliquerait d’ailleurs l’étrange mélange d’hébreu, d’araméen et de grec dans le tombeau d’une même famille. Certaines de ces manipulations ont pu se produire lorsque l’ossuaire de Jacques aurait curieusement quitté le même tombeau, ou après ce moment, ou encore bien avant, dans les premiers siècles de notre ère puisque, l’un ayant été vidé et l’autre déplacé, on a la preuve qu’au moins deux ossuaires, l’ossuaire attribué à saint Pierre et l’ossuaire attribué à saint Jacques, et alors qu’ils étaient présents dans deux tombeaux différents, ont été manipulés. Des preuves archéologiques confirment d’ailleurs ces indices de manipulations dans le tombeau de Talpiot, et visiblement elles n’étaient pas du fait de fidèles du mouvement chrétien pour cacher avec zèle une vérité dérangeante : en effet on a vu plus haut que « la tombe a été probablement pillée dès l'Antiquité, car un épais dépôt argileux s'est infiltré dans la pièce par la porte laissée ouverte et que la plupart des ossuaires sont brisés », montrant donc bien peu de respect. De ce fait, difficile d’aller très loin dans les affirmations concernant le contenu du tombeau, et l’on doit s’en tenir à des grandes lignes et au fameux fronton.

 

À la lecture de tous ces éléments (bizarreries, déplacements d’ossuaires, possibles faux, simples coïncidences…), il semble donc que l’on ait affaire à Talpiot au mieux à seulement quelques membres de la famille de Jésus, et/ou un mélange de plusieurs familles, dont les membres portaient des prénoms très courants à l’époque (Jésus, Marie..) ou encore tout simplement donnés, entre les années 30 et 70 ou quelques années après encore, au sein du courant nazaréen, et/ou en hommage aux premières figures du christianisme (Jésus, Marie, Joseph, Jacques, Matthieu…) comme on le fait dans le christianisme depuis 2000 ans. Notons, au passage, qu’on n’a absolument pas tenu compte de cela dans le calcul de probabilités donné par les auteurs du documentaire sur le tombeau de Talpiot, ce qui en dit long : désolé pour cette lapalissade mais, en effet, si l’on a affaire à des sépultures de partisans des premiers Chrétiens, la probabilité d’y trouver des prénoms des apôtres ou des proches de Jésus n’est pas extraordinairement faible comme le prétendent les auteurs du documentaire. Au contraire elle doit être logiquement proche de… 100% ! Rien d’extraordinaire donc, et rien qui signifierait que l’on ait affaire à ces personnages eux-mêmes ! Cela expliquerait aussi pourquoi l’on y trouve un Matthieu en bonne place (un des six ossuaires seulement à être gravé d’un nom), alors qu’aucun texte chrétien ne le signale comme étant de la famille de Jésus, alors qu’au contraire on n’y trouve aucun des frères de Jésus nommés dans les évangiles. Il s’agit donc là certainement d’une famille liée aux disciples de Jésus, ou un mélange de telles familles, mais pas « la » famille de Jésus.

Et finalement seul est vraiment sûr le fameux symbole sur le fronton, au sujet duquel on a donné ici quelques pistes.

Notons pour finir que même le fait de trouver, un jour, un indiscutable ossuaire de Jésus ne serait pas si gênant que cela pour la foi : d’abord cela confirmerait l’historicité des personnages cités dans les évangiles (alors que quelques courants sceptiques en doutaient, notamment au XIXème siècle, et présentaient la thèse d’un Jésus mythique inventé par saint Paul, que l’on évoque sur une autre page) ; cela ne contredirait pas la résurrection de Jésus (au contraire, cela pourrait la confirmer en un sens puisque cela conforterait l’idée qu’il est bien sorti miraculeusement du tombeau de Joseph d’Arimathie, qui était pourtant placé sous bonne garde par les ennemis des partisans de Jésus, et situé en un bien autre lieu, au nord de Jérusalem) ; cela contredirait encore moins sa résurrection dans un corps physique et ses apparitions aux apôtres (alors que certaines hérésies n’imaginaient qu’un corps spirituel) ni même son Ascension (Jésus aurait seulement laissé alors son corps mortel sur notre Terre lors de son Ascension dans « un corps de gloire », événement qui se situe dans les évangiles après sa résurrection, sa sortie du tombeau, et ses apparitions en chair et en os). Enfin et surtout il existe bien d’autres éléments troublants concernant le parcours ou la personne de Jésus, de nombreux signes, de nombreuses prophéties, et de nombreuses coïncidences impossibles à provoquer, et que les symboles trouvés sur les ossuaires semblent même conforter : se reporter à « l’évangile selon le monde » :

 

Pour le lire gratuitement cliquer ici.

 

 

Précisément, la ressemblance entre le symbole qui orne le fronton de Talpiot, semblant associer les deux lettres L et O, et le Chrisme, associant quant à lui les deux lettres K et R selon un système totalement identique, est très troublante. Elle confirme beaucoup des « coïncidences » curieuses et des signes qu’on peut relever dans cet ouvrage. Même si le rapprochement entre les deux symboles n’était que fortuit, cette nouvelle coïncidence, qui a tellement imprégné un symbole chrétien, s’ajouterait en effet à de très nombreuses autres coïncidences, de très nombreux autres « signes », parfois impossibles à provoquer volontairement, que l’on a relevés tout au long de « l’évangile selon le monde » comme, entre de nombreux autres, le « carré SATOR » qui y est enfin compris de façon convaincante : il apparaît en effet que ce symbole est relié lui aussi de façon incontestable à la fois à la lettre N, à la symétrie autour de ce même N, au nombre 13, et à toutes les mêmes influences qu’on a relevées ici, tout semblant s’inscrire dans un ensemble très clair et très cohérent.

 

 

 

 

Le choix du symbole ornant le tombeau et plusieurs ossuaires est peut-être un mélange de tout cela. Il est lié aux cultures proches de la Galilée et de la Syrie, où se trouvaient des Nazaréens ; il est un symbole qui rappelle l’araméen et l’initiale de mots et de noms importants aux débuts du christianisme ; même si le contenu du tombeau de Talpiot a été depuis longtemps possiblement remanié et modifié, y compris par des faussaires, il semble en relation avec d’autres ossuaires qui font référence à des personnages cités dans les évangiles, ou à des familles qui les honoraient en portant leur nom. Et le symbole qui orne son fronton paraît bien faire allusion à la notion de Verbe de Dieu, si importante dans le courant de Jésus, et qui sera développée dans la nouvelle religion chrétienne. Ce faisant, il conforte ce que l’on peut penser de plusieurs autres symboles, idées et prophéties concernant la vie et le rôle de Jésus. Et il permet de dresser un essai de reconstruction de l’histoire de l’éclosion du christianisme, avec ses influences et son évolution, rectifiant de nombreuses idées fausses.

 

 

On voit ici combien semblent proches de nombreux autres symboles tels que le célèbre « carré SATOR », célèbre mais qui n’avait pas été compris jusque-là. Quant aux idées de falsification, de complots, de réécriture de l’histoire, elles rappellent fortement la thèse, totalement inverse pourtant, d’un Jésus totalement mythique et fabriqué par saint Paul, reprenant des croyances très anciennes touchant aux symboles et aux mythes tandis que l’on pense pouvoir en dire chaque jour davantage sur le Jésus historique : le passage de l’œuvre de Flavius Josèphe le concernant, son nom, sa famille, son entourage

 

 

Symboles, mythes… et liens qu’on ne soupçonne pas toujours avec les secrets des Templiers, ou encore aussi avec l’orientation du monastère de Qumran ou les lieux des différentes apparitions mariales, ce qui n’avait pas été vu jusque-là, ou encore la géométrie de la Grande Pyramide avec des considérations inédites.

 

 

À la lecture de ces lignes, difficile de ne pas y voir quel message universel se dégage, si important de nos jours. Il semble puiser dans des signes visibles par tous de par le monde, des mythes et symboles qu’on retrouve dans plusieurs religions et qui les relient entre elles et avec le christianisme. Ces messages universels sont difficiles à ignorer à notre époque, et inspirent le monde de ceux qui croient, tel qu’il est ou pourrait être aujourd’hui.